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    Tempest of Stars

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      Je vais je ne sais où car la mort patiente

      Embaumeuse qui fait les visages si beaux

      Me regarde glisser sur la rapide pente

      Qui meuble ses tombeaux

      POSTHUMOUS

      How is it that time’s deceptive perspectives

      take me back to the places where I wrote

      Plain-Chant? I find the same sea on these shores

      where I seemed to float

      dreaming of love, sleep, illustrious things,

      whatever youth imagines crazily,

      and while this fire activates dormant cells

      I drift with memory,

      I go I don’t know where to find my death,

      embalmer who gives back what beauty gave

      and sees me sliding on the hurried slope

      which feeds the grave

      AU RENDEZ-VOUS DES MARINIERS

      Il se peut bien, Félicienne, que je m’envole.

      Ce cendrier, il se peut aussi que je vous le vole.

      Si me voyez volant comme anse de panier,

      Ne prévenez aucun des braves mariniers:

      Juste le temps que je revienne et que je parte

      Avec l’éventail écossais du jeu de cartes.

      RENDEZVOUS WITH SAILORS

      It could be Félicienne that I’ll disappear.

      I may steal this ashtray from you.

      If you see me describing a half-ellipse,

      don’t spread the word to our sailor-group.

      I’ll be back in the time it takes to leave

      with a tartan fan of playing cards.

      MIRACLES

      Dans votre ville d’eaux, est-il vrai, Sainte Vierge,

      Que vous apparaissez aux borgnes, aux boiteux?

      Des matelots bretons vous virent dans les vergues,

      Ce n’est pas moi qui le raconte, ce sont eux.

      Vous aviez, dirent-ils, costume d’hirondelle

      Sur fond myosotis, sur papier de dentelle:

      Au cri du goéland ressemblait votre cri

      Quand vous disparaissiez, laissant leur nom écrit.

      MIRACLES

      Is it true, in your spa town, our Lady,

      that you appear to the one-eyed, the lame?

      Some Breton sailors saw you in the yards,

      and told me of it, not using your name;

      and claimed you had a swallow’s costume

      on a forget-me-not background on lace-paper:

      your cry resembled that of a seagull’s

      when you disappeared, leaving their name written.

      CLAIR DE LUNE

      Chaque moitié du cœur forte en géographie

      Montre le relief de ses départements.

      Lune par le soleil prise en photographie,

      Vous êtes le sujet de mon étonnement.

      Endymion fut-il oui ou non votre amant?

      Comme l’épingle absurde est folle de l’aimant,

      Comme le révolver la tempe terrifie,

      Comme rêve tout haut la Belle-au-bois-dormant,

      Je compte jusqu’à trois avant de dormir: Une,

      Deux, trois. Endymion décourage la lune.

      MOONLIGHT

      Each geographical half of the heart

      reveals its components in relief.

      The moon as it’s photographed by the sun

      is an illuminating study.

      Endymion was or wasn’t your lover?

      As the pin predictably flies to the magnet,

      as the revolver terrifies the temple,

      and as the sleeping beauty dreams out loud,

      I count up to three before sleeping. One,

      two, three. Endymion cold-shoulders the moon.

      LES OISEAUX SONT EN NEIGE

      Les oiseaux sont en neige et ils changent de sexe.

      Une robe de chambre a trompé nos parents

      Et le frivole amour dont Élise se vexe.

      Rébus des papillons, vous m’êtes transparents.

      Je te connais, beau masque, et saute sur ta croupe

      D’épouvantait naïf qu’une flûte charmait.

      On voit dans les romans lus par l’enfant de troupe

      Les cerisiers en fleurs, drapeaux du mois de mai.

      Lit, folle bergerie, écume Louis Seize,

      Notre épitaphe est faite en graines de pavot;

      Son souvenir, images debout sur la braise,

      D’un tendre madrigal compose un deuil nouveau.

      Comme le traîneau russe illumine les louves,

      À l’envers, à l’endroit, Narcisse, ton hymen

      Inhumain, est-ce un crime après tout? se retrouve,

      Trésor de l’onde froide où se lave ta main.

      THE BIRDS ARE MADE OF SNOW

      The birds are made of snow and they change sex.

      A dressing gown has deceived our parents

      and the casual love which upsets Elise.

      Rebus of butterflies, I find you transparent.

      Beautiful mask, I know you, and leap on your naive

      scarecrow’s sex that a flute could charm.

      In the novels read by a soldier-boy

      one finds flowering cherry trees. Bright flags that alarm.

      Bed, mad sheepfold, Louis XVI foam,

      our epitaph is made of poppy seeds;

      its memory, images standing on embers

      of a quiet madrigal sounding a new grief.

      As a Russian sleigh illuminates she-wolves,

      on the wrong side, the right side, Narcissus, your last stand

      marriage - is it a crime after all? - retrieves

      treasure in the cold water where you wash your hand.

      LA CABANE ABANDONNÉE

      L’écriture des églantines

      Est un vrai fantôme grivois,

      Hirondelles sont tes bottines

      Annonçant l’orage. Les voix

      (Rires et rondes enfantines)

      Doivent sortir d’un appareil

      À celui de Jeanne pareil.

      Souvent l’indiscret photographe

      Sous un jupon voit le soleil.

      Cœur tu savais mal l’orthographe,

      Mais l’ancre dénonce un marin,

      Et sa vague sur ce terrain

      Vague, te baptisa. Parrain,

      Recopiez-nous l’épitaphe.

      THE ABANDONED HUT

      The tracery of dog roses

      is a truly mischievous ghost,

      your boots are swallows

      announcing thunder. The voices,

      laughter and children’s dances

      must be coming from a camera

      similar to Jeanne’s.

      Often, the indiscreet photographer

      tented under a skirt sees the sun.

      My love, you couldn’t even spell,

      but the anchor reveals a sailor,

      and the wave tattoed on your shoulder

      identified you. Godfather,

      recopy the epitaph for us.

      HÔTEL DE FRANCE ET DE LA POÉSIE

      Arbre, bocal d’oiseaux, feu de bengale

      entre les îles!

      Le soleil fait chanter les tramways dans la ville.

      Le ciel est un marin assis sur les maisons.

      En soi-même noyé Narcisse,

      N’aime pas les glaces d’hiver.

      Les Anglais écrivent des vers

      Comme il leur pousse du gazon;

      Souvent nagent mieux que narcisses

      Entre deux eaux, entre deux draps;

      Et le cygne qui dort le menton sur son bras

      Plus blanc que la neige de Suisse.

      Flamme, petit poisson rouge du lampion.

      Orchestre par dessous, le vent venu des îles,

      Met le feu, aussitôt de terribles lions

      Sortent, qui se cachaient dans le bocal fragile.

      L’arbre et l’aérostat se dépassent chacun;

      Alors le carnaval des pompiers fend la foule.

      Parfois une maison, une rose s’écroulent,

      En soulevant une colonne de parfum.


      Mon cœur tourne à l’envers du vôtre, c’est la vie.

      Ce manège fait mal au cœur. Oh! que j’ai mal.

      L’âme de votre fils va vous être ravie

      Jeune mère, si Tong l’enferme dans la malle.

      HÔTEL DE FRANCE AND POETRY

      Tree, bird-bowl, Bengal light

      between the islands.

      The sun makes the city’s tramways sing.

      The sky’s a sailor perched on the rooftops.

      Narcissus, drowned within himself,

      doesn’t like the winter ice.

      The English write verse

      compact as the growth of their lawns;

      often their swimming blazes like dragonflies

      between two waters and two sheets;

      and the swan that sleeps with its chin on its arm

      is whiter than Swiss snow.

      Flame, little goldfish of the Chinese lantern.

      The orchestra’s below, and a wind off the islands

      catches fire, bringing out redoubtable Lions

      hidden in that fragile bowl.

      The tree and the aerostat overtake each other,

      as a carnival of firemen force through the crowd.

      Sometimes a house, a rose collapses,

      in a swirling column of perfume.

      It’s true my heart moves contrary to yours.

      The carousel induces vertigo. I’m sick.

      They’ll spirit your son’s soul away from you

      young mother, if Tong shuts himself in the trunk.

      Le fils que l’éventail fait revoir à sa mère

      Et que l’aide chinois ramène à son fauteuil

      Ne parle plus jamais … Il périra en mer.

      Dans le théâtre, un arbre avec toutes ses feuilles;

      L’arbre dormait debout, couronné d’émeraude.

      Lâchez tout!

      Gambetta part en ballon captif.

      Montgolfière d’amour, monte dans la nuit chaude;

      Les étoiles, chacune indique les récifs.

      Vieux ascenseurs fanés dont se penche la tige,

      D’être ailleurs étendu, toute l’âme à l’envers,

      Le décapité voit un drôle d’univers;

      Son corps, en un clin d’œil, succombe à ce vertige.

      Irai-je en un miroir où nous recommençons,

      Engloutir le poitrail fabuleux du quadrige

      De cuirassiers mourant parmi les écussons?

      Il est des jours, la mer, pour enjôler le mousse.

      Lui découvre ses lits, agite ses dessous,

      Débouche bruyamment un Champagne qui mousse,

      Mauvais livre de poche acheté quatre sous.

      (Ses yeux, demain, feront sourire l’équipage)

      Ballon, bocal d’oiseaux légers pris au filet.

      The fan reveals the son to his mother

      while the Chinese assistant

      reconducts him to an armchair, without

      a word … he’ll die at sea

      In the theatre, a tree in full leaf

      asleep on its feet, crowned with emeralds.

      Abandon everything!

      Gambetta’s leaving in a captive balloon.

      Love balloons, climb in the warm night;

      each star in its pointing defines a reef.

      Old faded lifts, shafts bent from their axes,

      the headless man, his soul upside down,

      sees a distorted universe;

      his body in a split-second flash knows vertigo.

      Shall I enter a mirror where we start again,

      and devour the fabulous breast of the quadriga

      of cuirassiers dying among the shields?

      Sometimes the sea reveals its beds

      to the cabin-boy, disclosures of depths,

      noisily uncorks a lively champagne,

      bad pocket-book bought for a song.

      (Tomorrow her eyes will incite the crew)

      Balloon, bowl of light, birds snared in a net.

      Le manège à vapeur enroule son voyage;

      On ne monte plus: C’EST COMPLET.

      Voici qu’on dépose l’actrice

      Et son ventriloque inhumain;

      Pour cacher quelque cicatrice

      Elle effeuille ses vieilles mains.

      Une Anglaise qui l’avait prise

      Pour Venise, part pour Venise;

      Elle se suicide en chemin.

      Adieu, bocal, vélocipèdes,

      Fantômes de visage en feu;

      La nuit n’a pas assez d’éloges

      Pour le palais du mal de mer;

      Ses opéras d’or et ses loges

      Roulent sur les vagues de l’air.

      Au milieu chante la sirène

      A cheval. Son visage vert

      Est transparent comme le verre,

      Sa robe en velours rouge traîne

      Dans les moulures de la mer.

      Parfois on la voit à l’envers

      Si elle plonge les mains jointes,

      Car les sirènes sont des saintes.

      D’autres sirènes ont des ailes

      Et des becs de chauve-souris;

      D’autres nagent sous des ombrelles

      Et on meurt si elles sourient.

      The peripatetic stream winds its course;

      No more passengers: FULL.

      Now they drop the actress

      and her inhuman ventriloquist;

      she plucks off her old hands

      rather than show a scar.

      An English woman who had taken

      her for Venice leaves for Venice;

      a suicide en route.

      It’s goodbye to the bowl and cycles,

      ghosts of burning cheeks;

      the night lacks a eulogy

      for the sea-sickness palace;

      its golden operas and boxes

      roll on the air-waves.

      In the middle the siren sings

      on horseback. Her green face

      has the transparency of glass,

      her red velvet dress trails

      in ruchings of the sea.

      Sometimes, she can be seen upside down

      if she dives with clasped hands,

      for sirens are most often saints.

      Other sirens have the wings

      and nose-buds of a bat;

      some swim under jellyfish.

      Death’s the penalty if they smile.

      Perle, perles, je vous rapporte

      Du fond des miroirs machinés;

      Jeunesse, épave des mers mortes,

      Miroirs déformants de l’amour

      Où chacun cherche à se puiser;

      Une femme, une aérogyne,

      En nous envoyant des baisers

      Faisait de gracieux mensonges;

      Elle a découvert la machine

      Qui permet de voler en songe.

      C’était simple comme bonjour.

      Pearl, pearls, I’m retrieving you

      from the back of false mirrors;

      youth, wreck of the dead seas,

      distorting mirrors of love

      in which each tries to draw himself;

      a woman, an aeronaut,

      blowing us kisses,

      expounded the most charming lies;

      she has discovered the machine

      which permits one to fly in a dream.

      It was as easy as ABC.

      LE BON ÉLÈVE ET L’APPRENTI

      La beauté prise au ralenti,

      L’accélération des roses,

      L’ange devenu tout petit

      Sont du ciel la moindre des choses,

      (De la mort je suis l’apprenti)

      Cyclistes vos mollets d’eau douce

      Vos cuisses coulent sans secousse:

      Chaque tour change le décor;

      Du sommeil je suis bon élevé.

      Ne réveillesz pas Dieu, il dort

      Profondément, c’est moi son rêve …

      Le réveiller serait ma mort.

      THE GOOD PUPIL AND THE APPRENTICE

      Bea
    uty observed in slow motion,

      the acceleration of roses,

      the angel become diminutive

      are the least of things in the sky.

      I am apprenticed to death.

      Cyclists, your fluid calves

      and smoothly running thighs

      change the scene with each pedal-spin.

      Summer finds me elevated.

      Don’t wake God, he sleeps

      deeply: I am his dream.

      Waking him would be my death.

      À MINERVE

      Si de Minerve la fleur est une lance

      Appuyée à son front pas doux,

      Il faut saluer bas sa bienveillance

      Pour les guerriers confondus sans courroux.

      De ces luttes où ne préside point la haine,

      Elle porte l’écharpe de couleur,

      Et les écoute comme les belles d’Henri Heine,

      À la fenêtre, entre les pots de fleurs.

      TO MINERVA

      If Minerva’s flower is a spear

      resting against her plated forehead

      one must bow that her benevolence extends

      to confused soldiers lacking the instinct to kill.

      She carries a coloured banner

      for such neutral combatants,

      and listens to them at the window between

      flowerpots like one of Heine’s beautiful women.

      À LA MÉMOIRE DE CLAUDE DEBUSSY

      Les vagues, les feuilles, le vent

      Et autres bêtes sans visage

      T’aiment, charmeur de paysages,

      Et te savent toujours vivant.

      Une Reine-Claude se tue

      Sa blessure saigne de l’or

      Marbre n’écrase pas ce mort

      Dont un nuage est la statue.

      IN MEMORY OF CLAUDE DEBUSSY

      The waves, the leaves, the wind

      and other faceless creatures

      love you, and know you’re still alive,

      conjurer of landscapes.

      A greengage immolates itself,

      its gash bleeds gold;

      marble won’t weigh on this man

      whose statue is a cloud.

      L’INVITATION À LA MORT

      Premier vol avec Garros;

      appel de la terre.

      INVITATION TO DEATH

      First flight with Garros;

     


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