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    The Complete Poetry of Aimé Césaire

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      Who conspires on the tower?

      My blood meows

      Qui fêle ma joie ? Qui soupire vers le jour ?

      Qui conspire sur la tour ?

      Mon sang miaule

      bells ring in my knees

      O the apterous walk of man bristling in the sand.

      Tomorrow? But already this today escapes me, collapses, mute divinity on which a weary

      drowning gorges amidst the calm!

      des cloches tintent dans mes genoux.

      Ô l’aptère marche de l’homme dans le sable hérissée.

      Demain ? Mais déjà cet aujourd’hui me fuit, s’effondre, muette divinité que gorge

      une lasse noyade à travers la bonace !

      —Cowardly, cowardly sigh! and encircling the nucellus

      of its gurgling, death, that other death, bitter hardy wild vine!

      poverty

      – Lâche, lâche soupir ! et ceinturant la nucelle

      de son gargouillement, la mort, l’autre mort, lambruche aigre et vivace !

      misère

      Ah! I faint, this sound! It enters by my heels, scrapes my bones,

      pink and grey star among the seething of my skull.

      Stop! I confess, I confess all. I am not a God. Cicindela!

      Cicindela! Cicindela!

      Ah ! Je défaille, ce son ! Il entre par mes talons, racle mes os,

      étoile rose et gris parmi le bouillonnement de mon crâne.

      Arrête ! j’avoue, j’avoue tout. Je ne suis pas un Dieu. Cicindelle !

      Cicindelle ! Cicindelle !

      Light. Ah! why this refusal?

      What a streaming of blood!

      On my face.

      Lumière. Ah ! pourquoi ce refus ?

      Quel ruissellement de sang !

      Sur ma face.

      In thick birdlime along my shoulders!

      My kneeling decrepitude sobs frantically.

      Ding!

      Dong!

      En épaisse glu le long de mes épaules !

      Ma décrépitude à genoux sanglote éperdument.

      Ding !

      Dong !

      Incredible sallies rush forth! On beveled edges of milky way

      I aim for the 9 which takes off like a rocket,

      I hang up the flower thunderstruck into a bird,

      D’incroyables sorties se précipitent ! Sur des biseaux de voie lactée

      je vise le 9 qui démarre en fusée,

      j’accroche la fleur foudroyée en oiseau,

      I ignite with the thousand and one useless bells

      the powerful tocsin of my new salivas.

      Ding!

      Dong!

      j’incendie aux mille et une cloches inefficaces

      le puissant tocsin de mes neuves salives.

      Ding !

      Dong !

      Tepidity.

      Noxious breath. Bites, bloody bulbil amidst the neuroses. . .

      Somewhere in the world a tom-tom beats out my defeat,

      Under the machetes and in disorder

      stems of raw light fall.

      Tiédeur.

      Souffle vireux. Morsures, caïeu sanglant à travers les nécroses…

      Quelque part dans le monde un tam-tam bat ma défaite,

      Des tiges de lumière brute sous les machetes

      et dans le dérèglement tombent.

      The sun of 116th Street hatches in my blood the serenade of worms

      in strange sloughs where silicoses whistle.

      Arums of love

      will you rock me more docile than the agami

      my leprosies and my boredoms?

      Le soleil de la 116e rue en d’étranges bourbiers où soufflent

      les silicoses, éclôt dans mon sang la sérénade des vers.

      Arums d’amour

      me bercerez-vous plus docile que l’agami

      mes lèpres et mes ennuis ?

      Tom-toms of blood

      papaw trees of the shadow

      Mumbo-jumbo* tough tipoyeur*

      Tam-tams de sang

      papayers de l’ombre

      Mumbo-jumbo dur tipoyeur

      Kolikombo* tough tipoyeur

      Kolikombo a drop of night in the yellow heart of a pansy

      Kolikombo with the big eyes of clear cassava

      Kolikombo fiery royal kite compacted in the ear of years

      Kolikombo goutte de nuit au cœur jaune de pensée

      Kolikombo aux larges yeux de cassave claire

      Kolikombo milan de feu tassé dans l’oreille des années

      Kolikombo

      Kolikombo

      Kolikombo

      in the whirling bawlings of cecropias. . .

      Kolikombo

      Kolikombo

      Kolikombo

      dans les tourbillonnants beuglements des cécropies…

      A swagger of a world

      quietly settles and unravels the metallic pairing

      in this gobbling inferno. Rain!

      (I don’t understand since I’ve not summoned a wave)

      Un panache de monde

      tranquillement s’installe et parfile la pariade métallique

      dans ce boulottement d’incendie. Pluie !

      (je ne comprends pas car je n’ai point convoqué d’onde)

      rain

      (I don’t understand since I’ve not sent out my parietal messages)

      rain, rain, rain

      bursting its electric shoulders about me.

      pluie

      (je ne comprends pas car je n’ai point expédié mes messages pariétaux)

      pluie, pluie, pluie

      éclatant parmi moi ses épaules électriques.

      —Enos!* All life long shall I find at the static crossroads

      your nocturnal monarchy and your violaceous peace

      swarming in hands pale with tremblings and silences?

      Back off! I am standing; my foot heehaws toward less flat lands!

      – Enos ! toute ma vie trouverai-je aux statiques carrefours

      foisonnant aux mains pâles des tremblements et des silences

      ta monarchie nocturne et ta paix violacée ?

      Arrière ! je suis debout ; mon pied hihane vers de moins plats pays !

      I shall walk filled with a final and fulsome drunkenness, my gold

      and my sobs in my fist laid against my heart!

      Forward to the left where the sedulous nenia* beats in my flesh more cruel than the tenaculum

      —to wait

      Je marcherai plein d’une dernière et plantureuse ivresse, mon or

      et mes sanglots dans mon poing couchés contre mon cœur !

      En avant par la gauche où bat en ma chair plus cruelle que l’érigne la nénie séduleuse

      – attendre

      malevolently blaring by my sonorous sunset

      the boiling of blood and the closed ear and the heart still more closed than an assegai,

      to weigh the anchor of our clean fingernails in the starchy fodder of the day!

      maléfiquement cornant par mon couchant sonore

      le bouillonnement de sang et l’oreille fermée et le cœur mieux clos qu’une sagaie,

      jeter l’ancre de nos ongles nets dans la pouture du jour !

      Wait? Why wait?

      the palm tree escapes through its fingers like a remorse

      and behold the hammering and behold the stamping

      and behold the vertiginous breath of negation on my steppe and tundra face!

      Attendre ? Pourquoi attendre ?

      le palmier à travers ses doigts s’évade comme un remords

      et voici le martèlement et voici le piétinement

      et voici le souffle vertigineux de la négation sur ma face de steppe et de toundra !

      I’m leaving. I shall not arrive. It’s all the same, but I leave on the road of arrivals with my prognathous laughter

      I’m leaving. The trismus of despair does not distort my mouth.

      So much the worse for the crows: the pibrochs are playing very far away.

      Je pars. Je n’arriverai point. C
    ’est égal, mais je pars sur la route des arrivées avec mon rire prognathe.

      Je pars. Le trisme du désespoir ne déforme point ma bouche.

      Tant pis pour les corbeaux : très loin jouent les pibrochs.

      I leave, I’m leaving. Sea without elsewhere, oh replunge without departure

      I tell you I am leaving: in the sandy clarity, toward my undying host,

      centaurs are rearing.

      Je pars, je pars. Mer sans ailleurs, ô recreux sans départ

      je vous dis que je pars : dans la clarté aréneuse, vers mon hostie vivace,

      se cabrent des centaures.

      I’m leaving. The wind with its hard snout forages my patience

      Oh land of stripped cyma

      rich land gorged on sluggish water

      your day is a dog yapping at a shadow.

      Je pars. Le vent d’un museau dur fouine dans ma patience

      Ô terre de cimaise dénuée

      terre grasse gorgée d’eau lourde

      votre jour est un chien qui jappe après une ombre.

      Farewell!

      When the land grown lazy shall scalp the sun

      in the purple sea you will find my eye smoking like a brand.

      Adieu !

      Quand la terre acagnardée scalpera le soleil

      dans la mer violette vous trouverez mon œil fumant comme un tison.

      Furnace, rough tenderness

      hail!

      The stars are rotting in the sidereal swamps

      but I advance more sure and more secret and more terrible than the rotting star.

      Fournaise, rude tendresse

      salut !

      Les étoiles pourrissent dans les marais du ciel

      mais j’avance plus sûr et plus secret et plus terrible que l’étoile pourrissante.

      Oh curved flight of my steps!

      alight on the ardent forest.

      And already the little bumps on my forehead and the rose of my pulse are catapulting the Great Noon.

      Ô vol courbe de mes pas !

      posez-vous dans la forêt ardente.

      Et déjà les bossettes de mon front et la rose de mon pouls catapultent le Grand Midi.

      Batuque

      Batouque

      The rice paddies of cigarette butts of spit on the strange summons

      of my simplicity are tattooed with pitons.

      The perforated words in my saliva resurface as open-sluiced

      cities paler than the suburbs of my love.

      O transparent cities mounted on yaks

      Les rizières de mégots de crachat sur l’étrange sommation

      de ma simplicité se tatouent de pitons.

      Les mots perforés dans ma salive ressurgissent en villes

      d’écluse ouverte, plus pâle sur les faubourgs de mon amour.

      Ô les villes transparentes montées sur yaks

      slow blood pissing into filigreed leaves the last memory

      the boulevard bruised comet brusque crossed bird

      strikes itself right in the sky

      drowned in arrows

      It’s my kind of night most hollow and most null

      a fan of compass fingers collapsed into the white laughter of slumbers.

      sang lent pissant aux feuilles de filigrane le dernier souvenir

      le boulevard comète meurtrie brusque oiseau traversé

      se frappe en plein ciel

      noyé de flèches

      C’est la nuit comme je l’aime très creuse et très nulle

      éventail de doigts de boussole effondrés au rire blanc des sommeils.

      batuque

      when the world shall be naked and russet

      like a womb burned to a cinder by the great suns of love

      batuque

      when the world shall be without inquest

      a wondrous heart in which the scenery of glances splintered to bits is embossed

      for the first time

      batouque

      quand le monde sera nu et roux

      comme une matrice calcinée par les grands soleils de l’amour

      batouque

      quand le monde sera sans enquête

      un cœur merveilleux où s’imprime le décor des regards brisés en éclats

      pour la première fois

      when attractions shall entrap the stars

      when love and death shall be

      a selfsame coral snake resoldered around a gemless arm

      without soot

      without defense

      batuque of the river swollen with crocodile tears and drifting whips

      quand les attirances prendront au piège les étoiles

      quand l’amour et la mort seront

      un même serpent corail ressoudé autour d’un bras sans joyau

      sans suie

      sans défense

      batouque du fleuve grossi de larmes de crocodiles et de fouets à la dérive

      batuque of the serpent tree of dancers of the prairie

      Pennsylvania roses peep at the eyes at the nose at the ears

      at the windows of the tortured man’s

      sawn head

      batuque of the woman with arms made of sea her hair an underwater source

      rigor mortis transforms bodies into steely tears,

      batouque de l’arbre aux serpents des danseurs de la prairie

      des roses de Pensylvanie regardent aux yeux au nez aux oreilles

      aux fenêtres de la tête sciée

      du supplicié

      batouque de la femme aux bras de mer aux cheveux de source sous-marine

      la rigidité cadavérique transforme les corps en larmes d’acier,

      all the leafy phasmas make a sea of blue yuccas and rafts

      all the neurotic phantoms have taken the bit between their teeth

      batuque

      when the world shall be, seduced by abstraction, made of shoots of rock salt

      the gardens of the sea

      for the first and the last time

      tous les phasmes feuillus font une mer de youcas bleus et de radeaux

      tous les fantasmes névrotiques ont pris le mors aux dents

      batouque

      quand le monde sera, d’abstraction séduite, de pousses de sel gemme

      les jardins de la mer

      pour la première et la dernière fois

      a mast of forgotten caravel blazes almond tree of the shipwreck

      a coconut palm a baobab a sheet of paper

      a dismissal of appeal

      batuque

      when the world shall be an open-cast mine

      un mât de caravelle oubliée flambe amandier du naufrage

      un cocotier un baobab une feuille de papier

      un rejet de pourvoi

      batouque

      quand le monde sera une mine à ciel découvert

      when the world shall be from the height of the navigation bridge

      my desire

      your desire

      conjugated in a leap into the inhaled void under the awning of our eyes unfurl

      all the sundust peopled with parachutes

      quand le monde sera du haut de la passerelle

      mon désir

      ton désir

      conjugués en un saut dans le vide respiré

      à l’auvent de nos yeux déferlent

      toutes les poussières de soleils peuplés de parachutes

      with deliberate fires with oriflammes with red wheat

      batuque of rotted eyes

      batuque of molasses eyes

      batuque of short-circuit eyes surprised by cow’s milk

      batuque of eyes sweetened by fever

      d’incendies volontaires d’oriflammes de blé rouge

      batouque des yeux pourris

      batouque des yeux de mélasse

      batouque des yeux de court circuit surpris de lait de vache

      batouque des yeux sucrés de fièvre

      batuque of night with an eggplant sex marked by mercury

      batuque of night with cigar flesh

      batuque of a doleful sea encrusted with
    islands

      the Congo is a leap of the sun raising at the end of a thread

      batouque de la nuit au sexe d’aubergine signalé de mercure

      batouque de la nuit à la chair de cigare

      batouque de mer dolente encroûtée d’îles

      le Congo est un saut de soleil levant au bout d’un fil

      a pail of bleeding cities

      a tuft of citronella in the wrenched-open night

      batuque

      when the world shall be a tower* of silence

      where we shall be the prey and the vulture

      un seau de villes saignantes

      une touffe de citronnelle dans la nuit forcée

      batouque

      quand le monde sera une tour de silence

      où nous serons la proie et le vautour

      all the rains of parrots

      all the resignations of chinchillas

      batuque of broken trumpets, of an oily eyelid of virulent plovers

      batuque of murdered rain split finely by reddened ears

      purulence and vigilance

      toutes les pluies de perroquets

     


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