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    The Complete Poetry of Aimé Césaire

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      No longer to be an ear for hearing!

      No longer to be the wheelbarrow for clearing

      the scenery!

      No longer to be a machine for stripping sensations

      bare!

      mais moi homme ! rien qu’homme !

      Ah ! ne plus voir avec les yeux.

      N’être plus une oreille à entendre !

      N’être plus la brouette à évacuer le

      décor !

      N’être plus une machine à déménager

      les sensations !

      I want the sole, the pure treasure,

      the one that endlessly generates all others.

      Man!

      But this debut makes me less than man!

      What torpor! My head stupidly lolls.

      My gnawed head is swallowed by my body.

      my eye dives straight down into the thing

      no longer observed but observing.

      Je veux le seul, le pur trésor,

      celui qui fait largesse des autres.

      Homme !

      Mais ce début me fait moins qu’homme !

      Quelle torpeur ! ma tête stupidement

      ballotte.

      Ma tête rongée est déglutie par mon

      corps.

      Mon œil coule à pic dans la chose

      non plus regardée mais regardante.

      Man!

      And behold the violet deafening

      that my terrestrial memory officiates,

      my yearning knocks at simple states

      I dream of a beak drunk on hibiscus

      Homme !

      Et voici l’assourdissement violet

      qu’officie ma mémoire terrestre,

      mon désir frappe aux états simples

      je rêve d’un bec étourdi d’hibiscus

      and of virginal violet maxims

      growing heavy with sun-swallowing lizards

      the hour beats like a remorse

      the snow of a caruncular

      sun, its leg lifted, bursts

      the world. . .

      et de vierges sentences violettes

      s’alourdissant aux lézards avaleurs

      de soleil

      l’heure bat comme un remords

      la neige d’un soleil

      aux caroncules crève la patte levée

      le monde…

      It’s all over. Achieved. As ruthless

      death strikes. It does not reap.

      It does not burst. It strikes silently

      flush with the blood, flush with

      the heart, like a resentment,

      like a stroke.

      Plop

      Ça y est. Atteint. Comme frappe

      la mort brutale. Elle ne fauche pas.

      Elle n’éclate pas. Elle frappe silencieusement

      au ras du sang, au ras

      du cœur, comme un ressentiment,

      comme un retour de sang.

      Floc

      Medullarily

      Médullairement

      That’s fine

      I want a more brilliant sun and purer stars

      I shake myself in a mobility of images

      of neritic memories of suspended

      possibles, of larva-tendencies,

      of obscure becomings;

      C’est bon.

      Je veux un soleil plus brillant et de plus pures étoiles

      Je m’ébroue en une mouvance d’images

      de souvenirs néritiques de possibles

      en suspension, de tendances-larves,

      d’obscurs devenirs ;

      habits create for the liquid slime

      drifting seaweed—wickedly,

      flowers shatter.

      Plop

      les habitudes font à la vase liquide

      de traînantes algues – mauvaisement,

      des fleurs éclatent.

      Floc

      One sinks, one sinks into

      a music.

      Radiolarians.

      We drift through your sacrifice

      On enfonce, on enfonce comme dans

      une musique.

      Radiolaires.

      Nous dérivons à travers votre sacrifice

      with a wavelike doddling, I leap

      ancestral into the branches of my

      vegetation.

      I stray through fruitful

      complications.

      I swim to the vessels

      I plunge to the locks.

      d’un dodelinement de vague, je saute

      ancestral aux branches de ma

      végétation.

      Je m’égare aux complications

      fructueuses.

      Je nage aux vaisseaux

      Je plonge aux écluses.

      Where, where, where hum the bedunged

      hyenas of despair?

      No. Here words always

      torrentially cascade.

      Où, où, où vrombissent les hyènes

      fienteuses du désespoir ?

      Non. Toujours ici torrentueuses

      cascadent les paroles.

      Silence

      Silence beyond the blood-tinged

      ramps

      Silence

      Silence par delà les rampes

      sanguinolentes

      through this grisaille and this

      unheard-of calcination.

      At last, this,

      this wind of flattenings, happiness,

      silence

      par cette grisaille et cette

      calcination inouïe.

      Enfin, lui,

      ce vent des méplats, bonheur,

      le silence

      my brain dies in an incandescence

      with smoking aigrettes of fulvous gold

      a tepid fold of circumvolution streaked

      by a sneer of palm trees

      melts

      a downy titillation swims swims swims

      twigs forest lake

      aerial a doe

      mon cerveau meurt dans une illumination

      avec de fumantes aigrettes d’or fauve

      un bourrelet tiédi de circonvolution par

      un ricanement de palmes strié

      fond

      une titillation duvetée nage nage nage

      brindilles forêt lac

      aérienne une biche

      Oh an emptiness of conflagration Tortures

      Where, where, where

      hum the bedunged hyenas of despair?

      Oh un vide d’incendie Tortures

      Où où où

      vombrissent les hyènes fienteuses du désespoir ?

      Overturned on my weariness,

      through the gauze, tepid puffs

      irradiate my fluid non-existence

      a flavor dies on my lip

      an arrow flies I know not.

      Renversé sur ma lassitude,

      à travers la gaze, des bouffées tièdes

      irradient mon inexistence fluide

      une saveur meurt à ma lèvre

      une flèche file je ne sais pas.

      Shudder. All one has lived sputters on and off.

      Noises join hands and embrace

      above me.

      I wait. No longer wait.

      Delirium.

      Frisson. Tout le vécu pétarade avec des reprises.

      Les bruits se donnent la main et s’embrassent

      par-dessus moi.

      J’attends. Je n’attends plus.

      Délire.

      Nothingness of day

      Nothingness of night

      a sweet enticement

      to the very flesh of things

      spatters.

      Néant de jour

      Néant de nuit

      une attirance douce

      à la chair même des choses

      éclabousse.

      Nocturnal day

      diurnal night

      exuded by

      Plenitude

      Jour nocturne

      nuit diurne

      qu’exsude

      la Plénitude

      Ah

      The last of the last suns falls.

      Where w
    ill it set if not in Me?

      Ah

      Le dernier des derniers soleils tombe.

      Où se couchera-t-il sinon en Moi ?

      As everything was dying,

      I grew, I grew larger—like the world—

      and my consciousness broader than the sea!

      Last sun.

      I explode. I am fire, I am sea. The

      world is dissolving. But I am the world

      À mesure que se mourait toute chose,

      Je me suis, je me suis élargi – comme le monde –

      et ma conscience plus large que la mer !

      Dernier soleil.

      J’éclate. Je suis le feu, je suis la mer. Le

      monde se défait. Mais je suis le monde

      The end, the end as we said.

      What nonsense. A peace proliferating

      with obscure powers. Operculum gills,

      palms syrinx quills. There grow

      all over my body, invisible and instantaneous,

      secretly required, senses,

      La fin, la fin disions-nous.

      Quelle sottise Une paix proliférante

      d’obscures puissances. Branchies opacules,

      palmes syrinx pennes. Il me pousse

      invisibles et instants par tout le corps,

      secrètement exigés, des sens,

      and behold we are caught up in the sacred

      whirling primordial streaming

      at the renewal of everything.

      et nous voici pris dans le sacré

      tourbillonnant ruissellement primordial

      au recommencement de tout.

      Serenity carves expectation into prodigious

      cacti.

      All possibility ready at hand.

      Nothing excluded.

      La sérénité découpe l’attente en prodigieux

      cactus.

      Tout le possible sous la main.

      Rien d’exclu.

      and I grow, me, the seated

      steatopygous Man

      in my eyes reflections of swamps, of shame,

      of acquiescence

      —not a fold of air rippling in the

      notches of his limbs—

      on age-old thorns

      et je pousse, moi, l’Homme

      stéatopyge assis

      en mes yeux des reflets de marais, de honte,

      d’acquiescement

      – pas un pli d’air ne bougeant aux

      échancrures de ses membres –

      sur les épines séculaires

      I grow, like a plant

      remorseless and unwarped

      toward the unknotted hours of day

      pure and confident as a plant

      uncrucified

      toward the unknotted hours of evening

      Je pousse, comme une plante

      sans remords et sans gauchissement

      vers les heures dénouées du jour

      pur et sûr comme une plante

      sans crucifiement

      vers les heures dénouées du soir

      The end!

      My feet follow the wormy meandering

      plant

      my woody limbs circulate strange saps

      plant plant

      La fin !

      Mes pieds vont le vermineux cheminement

      plante

      mes membres ligneux conduisent d’étranges sèves

      plante plante

      and I speak

      and my word is peace

      and I speak and my word is earth

      and I speak

      and

      Joy

      et je dis

      et ma parole est paix

      et je dis et ma parole est terre

      et je dis

      et

      la Joie

      bursts forth in a new sun

      and I speak:

      through knowing grasses time glides

      branches pecked at a green-flame peace

      and the earth breathed beneath the gauze of mists

      éclate dans le soleil nouveau

      et je dis :

      par de savantes herbes le temps glisse

      les branches picoraient une paix de flammes vertes

      et la terre respira sous la gaze des brumes

      and the earth stretched. There was a cracking

      in its knotted shoulders. There was in its veins

      a crackling of fire.

      Its sleep peeled off like a guava tree in August

      et la terre s’étira. Il y eut un craquement

      à ses épaules nouées. Il y eut dans ses veines

      un pétillement de feu.

      Son sommeil pelait comme un goyavier d’août

      on virginal islands thirsty for light

      and squatting in its hair

      of living water

      at the backs of its eyes the earth awaited

      the stars.

      sur de vierges îles assoiffées de lumière

      et la terre accroupie dans ses cheveux

      d’eau vive

      au fond de ses yeux attendit les

      étoiles.

      “sleep, my cruelty,” thought I

      ear pressed to the ground, I heard

      Tomorrow pass.

      « dors, ma cruauté », pensai-je

      l’oreille collée au sol, j’entendis

      passer Demain.

      Have no Mercy for Me

      N’ayez point pitié de moi

      Keep smoking swamp

      the rupestral images of the unknown

      turn toward me the silent dusk

      of their laughter

      Fumez marais

      les images rupestres de l’inconnu

      vers moi détournent le silencieux crépuscule

      de leur rire

      Keep smoking oh swamp sea urchin heart

      dead stars calmed by marvelous hands spurt

      from the pulp of my eyes.

      Fumez ô marais cœur d’oursin

      les étoiles mortes apaisées par des mains merveilleuses jaillissent

      de la pulpe de mes yeux.

      Smoke smoke

      the fragile obscurity of my voice crackles with blazing

      cities

      and the irresistible purity of my hand summons

      from afar, from very far, from an inherited patrimony

      the victorious zeal of the acid in the flesh

      of life—swamp—

      Fumez fumez

      l’obscurité fragile de ma voix craque de cités

      flamboyantes

      et la pureté irrésistible de ma main appelle

      de loin, de très loin, du patrimoine héréditaire

      le zèle victorieux de l’acide dans la chair

      de la vie – marais –

      like a viper born from the blonde force of

      resplendence.

      telle une vipère née de la force blonde de

      l’éblouissement.

      Serpent Sun

      Soleil serpent

      Serpent sun eye bewitching my eye

      and the sea verminous with islands cracking in the fingers of flamethrower

      roses and my intact thunderstruck body

      Soleil serpent œil fascinant mon œil

      et la mer pouilleuse d’îles craquant aux doigts des roses

      lance-flamme et mon corps intact de foudroyé

      the water raises the carcasses of light lost in the pompless corridor

      whirlwinds of ice floes halo the steaming hearts of crows

      our hearts

      l’eau exhausse les carcasses de lumière perdues dans le couloir sans pompe

      des tourbillons de glaçons auréolent le cœur fumant des corbeaux

      nos cœurs

      it is the voice of tamed thunderbolts turning on their crevice hinges

      a transmission of anolis to the landscape of broken glasses

      it is the vampire flowers rising to the relief of orchids

      c’est la voix des foudres apprivoisées tournant sur leurs gonds de lézarde

      transmission d’anolis au paysage de
    verres cassés

      c’est les fleurs vampires montant à la relève des orchidées

      elixir of the central fire

      fire just fire night mango tree covered with bees

      my desire a luck of tigers surprised in the sulphurs

      élixir du feu central

      feu juste feu manguier de nuit couvert d’abeilles

      mon désir un hasard de tigres surpris aux soufres

      but the stannous awakening gilds itself with childish deposits

      and my pebble body eating fish eating

      doves and slumbers

      the sugar of the word Brazil at the bottom of the marsh.

      mon désir un hasard de tigres surpris aux soufres

      mais l’éveil stanneux se dore des gisements enfantins

      et mon corps de galet mangeant poison mangeant

      colombes et sommeils

      le sucre du mot Brésil au fond du marécage.

      Phrase

      Phrase

      And why not the hedge of geysers the obelisks of hours the smooth cry of clouds the quartered sea pale green bedunged by good-for-nothing birds and hope playing marbles on the beams and for-the-time-beings of houses and the sea bream rips of banana tree suckers

     


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